À Paris, l’IA vous trouve enfin une place de stationnement

Tourner en rond pendant un quart d’heure pour dénicher une place, klaxonner intérieurement contre la terre entière, finir par se garer à l’autre bout du quartier. Tout automobiliste parisien connaît ce calvaire par cœur. Une expérimentation menée dans le 17e arrondissement promet d’y mettre un terme, et elle s’appuie sur l’intelligence artificielle.
Le principe est malin. La start-up Upciti a installé 155 caméras dans les rues du quartier, discrètement fixées juste sous les lampadaires. Ces capteurs analysent en continu l’occupation de la voirie et déterminent, place par place, où ça se libère. Le tout couvre environ 800 places de stationnement sur le secteur testé. L’IA fait le travail d’observation que personne n’a le temps de faire à votre place.
L’info remonte ensuite dans l’application PayByPhone, que beaucoup utilisent déjà pour payer leur stationnement. Concrètement, les rues où vous avez de bonnes chances de vous garer s’affichent en bleu. Pas d’adresse exacte façon GPS qui vous guide vers une place précise, plutôt une indication de zone : par ici, ça circule, tentez votre chance. Une nuance importante, parce qu’envoyer trois conducteurs sur la même place libre serait le meilleur moyen de créer une bagarre.
En attendant que l’IA gare la voiture à votre place, gardez votre appli de stationnement bien en vue.
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Pourquoi se donner tout ce mal ? Les chiffres parlent d’eux-mêmes. On estime qu’à un instant donné, près de 30 % des automobilistes en ville sont en train de chercher une place. Trois véhicules sur dix qui roulent pour rien, ça fait beaucoup de bouchons, beaucoup de pollution et pas mal de nerfs en pelote. Réduire ce temps de recherche, c’est désengorger les rues et assainir un peu l’air, sans poser un seul nouveau radar punitif.
Évidemment, on peut tiquer sur la présence de 155 caméras supplémentaires braquées sur l’espace public. La frontière entre capteur de stationnement et outil de surveillance mérite qu’on garde un œil dessus. Pour l’instant, l’usage est cantonné à compter des voitures garées, ce qui reste bien moins intrusif qu’une reconnaissance faciale. Mais la vigilance reste de mise.
Si l’expérience tient ses promesses sur le 17e, on imagine sans peine son extension à d’autres arrondissements, voire à d’autres villes. Trouver une place sans transpirer, c’est le genre de progrès dont personne ne se plaindra. À condition que la techno reste au service du conducteur, et pas l’inverse.
Crédit photo : DR
