Bugatti enterre le W16 : deux modèles signent la fin d’une ère

Bugatti enterre le W16 : deux modèles signent la fin d'une ère

Il y a des moteurs qui marquent une marque au fer rouge, et chez Bugatti, le W16 est de ceux-là. Né en 2005 avec la Veyron, ce bloc de huit litres à seize cylindres et quatre turbos a propulsé Molsheim dans une autre dimension, celle des chiffres qui donnent le tournis et des records de vitesse pure. Vingt ans plus tard, le rideau tombe. Et selon Automobile Magazine, ce sont deux modèles d’exception qui se chargent de lui faire ses adieux.

Le premier, c’est la Bolide. Une bête de circuit dérivée de la Chiron, sans doute la Bugatti la plus radicale de l’ère Volkswagen, pensée uniquement pour la piste et débarrassée de toute contrainte d’homologation routière. Quarante exemplaires, tous vendus quasi instantanément malgré un ticket d’entrée à 4,7 millions de dollars. Quand on a ce genre de clientèle, le prix n’est jamais vraiment un obstacle.

Le second, et c’est lui qui clôt vraiment l’histoire, c’est la W16 Mistral. Un roadster taillé pour célébrer le seize cylindres une dernière fois, présenté en 2022 et produit à seulement 99 unités. Les premiers exemplaires viennent tout juste de quitter l’atelier Bugatti, ce qui signifie que les ultimes W16 de l’histoire sont en train d’être assemblés sous nos yeux. Après la Mistral, plus rien. Le moteur qui a défini la maison pendant deux décennies appartiendra au passé.

À défaut du W16 grandeur nature, de quoi le poser sur une étagère.

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Ce départ n’a rien d’anodin. Le W16 n’était pas qu’une prouesse d’ingénierie, c’était une signature, une démesure assumée que personne d’autre n’osait. Seize cylindres dans une voiture de route, c’était presque un caprice technique, et c’est précisément ce qui faisait le charme et la légende de Bugatti. Avec les normes antipollution qui se resserrent et l’électrification qui avance, maintenir un tel bloc relevait de plus en plus du symbole que de la raison.

La suite est déjà connue, et elle ne reniera pas l’esprit maison. La Tourbillon, qui prendra le relais, abandonne le W16 au profit d’un V16 atmosphérique épaulé par une chaîne hybride. Une autre approche, plus en phase avec son époque, mais qui conserve cette obsession du nombre de cylindres comme marqueur d’exclusivité. Bugatti tourne une page sans renier ce qui fait son identité.

Pour les passionnés, ces deux modèles ont donc une saveur particulière. La Bolide pour la rage pure, la Mistral pour l’élégance d’un dernier roadster. Ensemble, ils ferment le chapitre le plus spectaculaire de l’histoire récente de la marque. On ne reverra jamais un W16 sortir des chaînes de Molsheim, et c’est exactement ce qui rend ces ultimes exemplaires aussi désirables. La fin d’un monstre, célébrée comme il se doit, à coups de millions et de tirages confidentiels.

Crédit photo : DR