Les voitures électriques de Renault peinent à décoller, et ça inquiète

Les voitures électriques de Renault peinent à décoller, et ça inquiète

Sur le papier, Renault a tout pour réussir sa transition électrique. La marque au losange aligne une gamme séduisante, avec la R5 E-Tech qui fait l’unanimité côté design, la Scénic E-Tech élue voiture de l’année 2024, sans oublier la Mégane E-Tech et bientôt la R4 et une nouvelle Twingo. Le problème, c’est que pour l’instant, les ventes ne suivent pas vraiment l’enthousiasme suscité par ces modèles.

Les chiffres sont parlants, et pas dans le bon sens. À l’échelle européenne, ni la Scénic E-Tech ni la Mégane E-Tech n’apparaissaient dans le top 20 des véhicules électrifiés les plus vendus sur un mois récent. Pendant ce temps, la Tesla Model Y écoulait près de 29 000 exemplaires sur un seul mois, la MG4 dépassait les 42 000 unités sur neuf mois, et la Volkswagen ID.3 se vendait largement mieux. Autrement dit, les Renault électriques se font discrètes là où la concurrence cartonne.

Au niveau du groupe, l’électrique ne représentait que 7,6 % des ventes totales sur le troisième trimestre 2024. Si l’on s’en tient à la marque Renault seule, on monte à 11,6 %, ce qui reste sous la moyenne européenne, qui dépassait alors les 13 % de véhicules neufs. Le constructeur français est donc en retard sur un marché qu’il prétend pourtant vouloir conquérir.

En France, la situation est un peu plus flatteuse. La Scénic E-Tech s’est classée deuxième meilleure vente d’électrique sur un mois, juste derrière la Citroën ë-C3 et ses 1 675 immatriculations. Mais une bonne place sur le marché hexagonal ne suffit pas quand l’ambition affichée est européenne, voire mondiale.

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Comment expliquer ce décalage entre l’image flatteuse des modèles et leurs ventes réelles ? Plusieurs pistes. Les prix, d’abord. Une R5 E-Tech reste un investissement conséquent malgré son positionnement de citadine accessible, et le marché de l’électrique dans son ensemble traverse une zone de turbulences, avec des acheteurs hésitants face au coût et à l’autonomie. La concurrence chinoise, ensuite, qui casse les prix et grignote des parts de marché à vitesse grand V.

La vraie question, c’est de savoir si la R5 et la R4 vont réussir à inverser la tendance dans les mois qui viennent. Renault a misé gros sur ces modèles au charme rétro, censés incarner le renouveau électrique de la marque. Si le décollage commercial tarde, le constructeur pourrait être tenté de revoir sa copie, à l’image de Fiat qui a fini par réintroduire des motorisations thermiques face à des ventes électriques décevantes.

Pour l’instant, Renault garde le cap et croit en ses nouveautés. Mais entre une gamme applaudie par la critique et des résultats commerciaux en demi-teinte, le losange va devoir transformer l’essai. Et vite.

Crédit photo : DR