TotalEnergies signe un bénéfice record, et relance le débat sur les superprofits

TotalEnergies signe un bénéfice record, et relance le débat sur les superprofits

Pendant que les automobilistes français grimaçaient devant le prix du litre à la pompe, TotalEnergies, lui, affichait des comptes au beau fixe. Le géant pétrolier a publié un bénéfice record pour son troisième trimestre.

Les chiffres donnent le vertige. Sur la période, le groupe a dégagé un résultat net ajusté de 9,9 milliards de dollars, soit plus du double des 4,8 milliards engrangés sur le même trimestre un an plus tôt. Le résultat net ajusté, c’est l’indicateur que les entreprises mettent en avant car il gomme les éléments exceptionnels pour refléter la performance courante.

Le reste suit la même pente. L’excédent brut d’exploitation, autrement dit ce que rapporte l’activité avant impôts et amortissements, a bondi de 74 % pour atteindre 19,4 milliards de dollars. La trésorerie générée, elle, progresse de 46 % à 11,7 milliards.

L’explication tient en quelques mots : la flambée des prix de l’énergie. Le pétrole et surtout le gaz s’étaient envolés dans le sillage de la guerre en Ukraine, et les groupes qui les extraient et les revendent en ont logiquement profité. Quand le baril s’envole, les marges des pétroliers suivent.

Tout n’est pourtant pas rose dans les comptes. TotalEnergies a dû passer une nouvelle provision de 3,1 milliards de dollars liée à ses activités en Russie. Une provision, c’est une somme mise de côté pour anticiper une perte probable, ici la dévalorisation de ses participations russes. Après cette écriture, le bénéfice net publié selon les normes comptables officielles ressortait à 6,6 milliards de dollars.

Le groupe a aussi décidé de soigner ses actionnaires. Au menu : une hausse du dividende et même le versement d’un dividende exceptionnel, façon de partager une partie de cette manne avec ceux qui détiennent des parts de l’entreprise.

Et c’est précisément là que le bât blesse, en France. Voir une multinationale afficher des profits historiques au moment même où le pouvoir d’achat des ménages s’effrite, ça passe mal. Le débat sur les superprofits, et sur l’idée de les taxer davantage, battait alors son plein dans le pays.

TotalEnergies avait tenté de désamorcer la grogne avec une ristourne sur les carburants dans ses stations-service, un geste commercial bienvenu mais qui ne pesait pas lourd face à des milliards de bénéfices. Pour beaucoup d’automobilistes, l’écart entre le ticket de caisse à la pompe et les résultats du groupe restait difficile à avaler.

Du côté de l’entreprise, l’argument est toujours le même : ces bénéfices financent les investissements colossaux nécessaires à la transition énergétique, notamment dans l’électricité et les renouvelables. Reste que pour le grand public, ces résultats record auront surtout cristallisé un sentiment d’injustice, en pleine crise du coût de la vie.

Crédit photo : DR

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