Le malus frappe désormais plus d’une voiture neuve sur deux en France

Voiture neuve devant une concession avec des symboles de taxe à l'immatriculation

C’est un cap qu’on n’avait jamais franchi. Au premier trimestre 2026, 50,3 % des voitures particulières neuves immatriculées en France ont été rattrapées par un malus, qu’il s’agisse du malus CO2, de la taxe au poids ou des deux cumulés. Sur le premier semestre, on grimpe même à 51 %, contre 48,3 % un an plus tôt. Autrement dit, acheter une voiture neuve sans passer à la caisse est devenu l’exception.

Ce basculement, on le doit au nouveau barème entré en vigueur le 1er janvier. Le seuil de déclenchement du malus CO2 est tombé à 108 grammes de CO2 par kilomètre, contre 113 g l’an dernier. Et le malus au poids, lui, mord désormais dès 1 500 kilos, au lieu de 1 600. Deux ajustements qui paraissent minimes sur le papier, mais qui suffisent à faire entrer dans le filet une bonne partie des citadines et des hybrides qui en sortaient encore il y a douze mois.

Le résultat se lit dans les montants. Une Toyota Aygo essence écope d’un malus de 50 euros, une Citroën C3 hybride d’environ 190 euros, une Hyundai i20 approche les 900 euros. On parle là de petites voitures grand public, pas de grosses sportives allemandes. Le dispositif, qui visait au départ les SUV premium les plus lourds, s’est transformé en taxe quasi généralisée. Le malus moyen, lui, atteint 1 143 euros, contre 1 095 euros un an plus tôt.

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Pour l’État, c’est une manne. Les recettes liées à ces taxes ont déjà atteint 231,1 millions d’euros sur les trois premiers mois de l’année, selon les estimations de Dataneo et Mobilians établies à partir du fichier des immatriculations. Sur l’ensemble de 2026, la facture pourrait avoisiner les 971 millions d’euros. Du jamais-vu.

Côté constructeurs, Peugeot figure parmi les plus gros contributeurs du trimestre, avec le 5008 en tête des modèles taxés. Mercedes et BMW suivent de près, logique vu leur catalogue.

Pour l’automobiliste, le calcul devient vite décourageant. À prix d’achat égal, deux motorisations proches peuvent se retrouver séparées par plusieurs centaines d’euros à l’immatriculation, selon quelques grammes de CO2 ou quelques kilos. De quoi pousser un peu plus de monde vers l’hybride et l’électrique, ce qui est précisément le but recherché. Reste une question : jusqu’où le seuil descendra l’an prochain.

Crédit photo : Illustration générée par IA