Le diesel est devenu plus cher que l’essence, et l’écart continue de se creuser à la pompe

Le plein de gazole coûte désormais plus cher que celui de SP95, une situation qu’on n’avait plus vue depuis longtemps en France. Au 8 octobre 2026, le gasoil s’affiche en moyenne à 2,359 euros le litre, contre 2,158 euros pour le SP95-E10 et 2,265 euros pour le SP98. Le GPL, lui, tient à 1,056 euro, et le Superéthanol-E85 à 0,904 euro.
Ce qui frappe, c’est la vitesse. Depuis janvier, le gazole a grimpé de 51 %, quand l’essence sans plomb n’a pris « que » 31 %. Les conducteurs de diesel, longtemps habitués à payer moins cher à la pompe, encaissent une double peine.
Plusieurs facteurs se cumulent. Le premier est géopolitique. Depuis le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran en mars, les cours du gazole se sont envolés bien plus vite que ceux de l’essence. Ce détroit voit passer une part énorme du pétrole mondial, et le moindre grain de sable s’y répercute aussitôt sur les prix.
Le deuxième facteur est industriel. La France raffine moins de gazole qu’elle n’en consomme. Une bonne partie du diesel brûlé sur nos routes est donc importée, ce qui expose directement le prix à la pompe aux tensions des marchés étrangers. Les frappes sur des infrastructures russes et les restrictions d’exportation ont réduit le stock de diesel déjà raffiné disponible. Du coup, quand la demande monte, l’offre ne suit pas.
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Il y a aussi une question de fiscalité, un peu contre-intuitive. Le gazole est moins taxé que l’essence. Sauf que voilà, cette taxe plus légère veut aussi dire que la part du pétrole brut pèse davantage dans le prix final. Alors quand le baril s’agite, le diesel bouge plus fort. Ce qui était un avantage devient un handicap.
Pour l’automobiliste, le calcul habituel vole en éclats. Rouler au diesel se justifiait surtout par un carburant moins cher et une consommation plus basse sur long trajet. Avec un gazole plus onéreux au litre, l’équation se resserre, surtout pour ceux qui roulent peu.
Reste le E85, toujours sous la barre de l’euro, qui attire de plus en plus de conducteurs vers les boîtiers de conversion. À 0,90 euro le litre contre 2,36 pour le gazole, l’écart est devenu difficile à ignorer.
Crédit photo : Illustration générée par IA
