Les radars anti-bruit passent à la verbalisation en 2026 : 135 euros dès 85 décibels

Ça devait finir par arriver. Après six ans d’expérimentation sans la moindre amende, les radars sonores baptisés Hydre s’apprêtent à verbaliser pour de vrai. Le principe est simple : un véhicule qui dépasse 85 décibels en ville, mesurés à proximité sur une voie limitée à 50 km/h, écope de 135 euros. Une contravention de 4e classe, ramenée à 90 euros en cas de paiement rapide, et surtout sans le moindre retrait de point.
Le boîtier ressemble à un lampadaire un peu trapu. Il embarque une caméra à 360 degrés et quatre microphones qui triangulent l’origine du bruit et calculent le niveau sonore plusieurs dizaines de fois par seconde, de jour comme de nuit. Quand le seuil est franchi, la machine photographie la scène et lit la plaque. Le conducteur, lui, reçoit son avis quelques jours plus tard sans avoir rien vu venir.
Les premiers concernés, vous vous en doutez, ce sont les motos. Un deux-roues au pot trafiqué grimpe sans effort au-dessus des 85 décibels, et les associations de riverains n’attendent que ça. Mais le dispositif ne fait pas de tri : voitures gonflées, utilitaires fatigués, poids lourds bruyants, tout le monde peut passer à la caisse.
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Reste la question du calendrier, celle qui fâche. Depuis 2019, une poignée de communes servent de terrain d’essai. Paris, Nice, Toulouse, Bron, Rueil-Malmaison, Villeneuve-le-Roi, la Haute Vallée de Chevreuse, plus une trentaine de communes autour du Grand Paris. Jusqu’ici, ces radars mesuraient sans sanctionner. Pour verbaliser, il manque encore l’homologation technique, confiée au Laboratoire national de métrologie et d’essais. Deux modèles sont sur le banc. Le décret qui encadre tout ça est paru fin 2025, mais plusieurs recours traînent devant le Conseil d’État, ce qui pourrait décaler la mise en service réelle.
En toile de fond, l’Europe serre la vis de son côté : la limite d’émission sonore des voitures neuves descend de 74 à 68 décibels. La tolérance au bruit fond partout, dans les textes comme dans la rue.
Alors oui, un pot qui rugit, c’est le plaisir de certains. Sauf que le voisin du troisième, lui, n’a rien demandé. À 135 euros le vrombissement de trop, la note risque de calmer pas mal de moteurs cet hiver.
Crédit photo : Bruitparif
