Une taxe annuelle sur toutes les voitures, électriques comprises, se prépare pour compenser la fin des pleins

L’idée revient sur la table, et elle concerne à peu près tout le monde. Le Conseil des prélèvements obligatoires, un organisme rattaché à la Cour des comptes, a rendu en juin un rapport sur l’avenir de la fiscalité de l’énergie. Sa recommandation tient en une phrase : mettre en place une redevance annuelle de détention sur les véhicules, autour de 95 euros en moyenne, calculée d’après la masse et l’empreinte au sol de la voiture.
Pourquoi maintenant ? Parce que l’État voit arriver un trou dans ses caisses. Les taxes sur les carburants, la fameuse TICPE (la taxe qui pèse sur chaque litre à la pompe), rapportent aujourd’hui près de 35 milliards d’euros par an. Sauf que plus le parc s’électrifie, moins on fait le plein, et moins l’argent rentre. La direction générale du Trésor a chiffré la chose : à fiscalité constante, ce sont 7 à 10 milliards qui manqueraient dès 2030, puis 15 à 30 milliards à l’horizon 2050. Quelqu’un va donc devoir payer la note.
Le CPO a étudié la piste de la taxe au kilomètre, celle que le Royaume-Uni prépare de son côté, et il l’a écartée. Trop compliquée juridiquement à cause de la directive européenne Eurovignette, et surtout trop difficile à faire accepter aux automobilistes. Une redevance fixe, calée sur le poids et la taille du véhicule, lui paraît plus tenable. Elle rapporterait jusqu’à 3 milliards d’euros par an.
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Le point qui va faire tousser, c’est que cette redevance viserait aussi les voitures électriques. Jusqu’ici, rouler à l’électron permettait d’échapper à la taxe carburant tout en profitant du bonus. Là, on demanderait à ces conducteurs de remettre au pot, au motif qu’ils usent les routes comme les autres. Sur le principe, difficile de leur donner tort. C’est un peu moins facile à assumer quand on a justement passé des années à pousser les gens vers l’électrique à coups d’aides publiques.
Rien n’est acté, on parle d’un rapport, pas d’une loi. Mais ces documents ont une fâcheuse tendance à ressortir des tiroirs au moment des budgets serrés, et celui de 2027 s’annonce déjà tendu. Le calcul au poids a au moins un mérite : un gros SUV de deux tonnes paierait plus qu’une petite citadine, ce qui se défend. Sur le fond, la question n’est d’ailleurs plus vraiment de savoir si les électriques seront taxées un jour, mais quand, et sous quelle forme ça finira par tomber.
Crédit photo : Illustration générée par IA
