ZFE : Lyon se met à verbaliser vraiment les Crit’Air 3, malgré la loi qui voulait tout supprimer

Depuis le 1er juillet, la Métropole de Lyon a commencé à verbaliser pour de bon les véhicules Crit’Air 3 qui circulent dans sa zone à faibles émissions. L’interdiction, elle, existait déjà depuis le 1er janvier 2025, mais on en restait à la pédagogie et aux courriers d’avertissement. Là, c’est terminé : le PV tombe.
Le tarif est fixé à 68 euros pour une voiture particulière, un deux-roues ou un utilitaire léger, et il grimpe à 135 euros pour les poids lourds, bus et autocars. Rien de dramatique sur le papier, sauf que l’amende peut se répéter à chaque contrôle, et que Lyon interdit ces véhicules toute la journée, tous les jours, stationnement compris.
Encore faut-il savoir qui tombe sous le coup de la règle. Un Crit’Air 3, en gros, c’est un diesel immatriculé avant 2011 ou une essence d’avant 2006. Soit une grande partie du parc d’occasion, celui que possèdent souvent les ménages qui n’ont justement pas les moyens de changer de voiture. C’est tout le paradoxe de ces zones depuis le début.
Lyon a quand même prévu quelques soupapes. La dérogation « petit rouleur » autorise jusqu’à 52 jours de circulation par an dans le périmètre, de quoi dépanner ceux qui n’y passent qu’occasionnellement. Il existe aussi un régime pour les travailleurs en horaires décalés, entre 21h et 6h, et depuis septembre 2025 une dérogation « ressources » pensée pour les foyers les plus modestes. À condition d’en faire la demande, bien sûr.
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Lyon n’est pas seule. Grenoble verbalise déjà, avec la même amende de 68 euros pour les véhicules légers, pendant que Paris a choisi de repousser ses sanctions. Chaque métropole avance à son rythme, et la carte devient franchement illisible pour l’automobiliste qui traverse le pays.
Le plus drôle dans l’histoire, c’est que tout ça aurait pu disparaître. Les députés avaient voté la suppression pure et simple des ZFE le 14 avril, glissée dans une loi de simplification. Sauf que le Conseil constitutionnel a retoqué la mesure le 21 mai, y voyant un cavalier législatif sans rapport avec le texte. Résultat, les ZFE restent bel et bien en vigueur, et les métropoles qui dépassent les seuils de pollution gardent l’obligation de les faire respecter.
Du coup, si vous roulez en Crit’Air 3 et que vous passez régulièrement par Lyon ou Grenoble, il va falloir vérifier votre situation. Le sursis politique n’aura pas duré longtemps.
Crédit photo : Illustration generee par IA
