Le souci avec la liste des voitures de Gran Turismo 7

Sur le papier, Gran Turismo 7 coche toutes les cases du jeu de course parfait. Une réalisation graphique somptueuse, une physique de conduite affûtée, des circuits modélisés au millimètre et un garage qui dépasse allègrement les quatre cents véhicules au lancement. De quoi combler n’importe quel passionné d’automobile manette en main. Sauf que, quand on regarde de plus près la fameuse liste des voitures, un détail finit par agacer.
Le problème, c’est l’équilibre. Une bonne partie du parc proposé est composée de modèles anciens, parfois très anciens, là où les joueurs attendaient surtout les stars d’aujourd’hui. Les classiques des années 60, 70 et 80 sont légion, ce qui ravira les amateurs de youngtimers et de voitures de collection. Mais quand on cherche les productions récentes, les hypercars du moment ou les dernières sportives sorties d’usine, la moisson est nettement plus maigre.
Cette orientation n’est pas un hasard. Polyphony Digital, le studio derrière la saga, assume une vision patrimoniale de l’automobile, presque muséale. Le jeu se veut une célébration de l’histoire de la voiture dans son ensemble, pas seulement une vitrine des nouveautés. L’intention est louable, et le mode Café, qui pousse le joueur à découvrir l’histoire des constructeurs, va dans ce sens. Reste que tout le monde n’a pas forcément envie de collectionner des berlines familiales japonaises des années 90.
L’autre souci, c’est la multiplication des doublons. La liste affiche des chiffres impressionnants, mais elle gonfle artificiellement le total avec plusieurs déclinaisons d’un même modèle. Différentes années, différentes finitions, des versions de course dérivées des versions de route : au final, la variété réelle est moins grande que ne le laisse croire le compteur. On se retrouve avec une dizaine de variantes d’une voiture populaire pendant qu’une marque entière brille par son absence.
Pour les fans français, la pilule est parfois difficile à avaler. Certaines marques européennes très présentes sur nos routes sont sous-représentées, tandis que d’autres constructeurs, notamment japonais, occupent une place démesurée. C’est le reflet des goûts du studio et des accords passés avec les marques, mais cela laisse un goût d’inachevé quand on cherche à reconstituer un plateau cohérent.
Heureusement, Polyphony a pris l’habitude d’enrichir régulièrement le contenu via des mises à jour gratuites. De nouvelles voitures débarquent au fil des mois, et la liste s’étoffe progressivement pour combler certains manques. C’est une bonne nouvelle, même si la méthode oblige les joueurs à patienter et à espérer que leur modèle préféré finisse par rejoindre le garage un jour.
Au final, Gran Turismo 7 reste une référence absolue du genre, et sa liste de voitures n’est pas mauvaise, loin de là. Elle est simplement déséquilibrée, tournée vers le passé là où une partie du public attendait davantage le présent. Un grand jeu, donc, avec un garage qui raconte une belle histoire, mais qui oublie parfois de regarder vers l’avenir.
Crédit photo : DR
Pour juger vous-meme du garage, le jeu est dispo en edition standard sur PS5.
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