La Twingo thermique a disparu, et la Renault la moins chère a pris du galon

C’est une page qui se tourne chez Renault. La Twingo thermique, citadine populaire par excellence, a tiré sa révérence. Pendant des décennies, elle a tenu le rôle de porte d’entrée vers la marque au losange, la petite voiture qu’on offrait pour un premier achat ou un budget serré. Désormais, elle n’existe plus qu’en version électrique, et ce changement a une conséquence directe sur la gamme : l’entrée de gamme Renault n’est plus aussi accessible qu’avant.
Concrètement, la Renault thermique la plus abordable s’appelle maintenant la Clio, dans sa version essence d’accès. Le souci, c’est que la Clio joue dans une catégorie au-dessus de la Twingo, avec un tarif qui grimpe mécaniquement. On passe d’une vraie citadine économique à une polyvalente plus cossue, donc plus chère. Pour les budgets les plus serrés, l’écart se ressent au moment de signer le bon de commande.
Renault mise plutôt sur sa nouvelle Twingo électrique pour récupérer cette clientèle. Et sur le papier, les chiffres ont de quoi séduire. Affichée autour de 19 490 euros en finition Evolution, elle tombe à 15 870 euros une fois le bonus écologique minimal déduit, et peut même descendre à 13 750 euros pour les ménages les plus modestes éligibles à l’aide maximale. À ce niveau de prix, la citadine électrique devient moins chère qu’une Dacia Sandero thermique, ce qui était impensable il y a encore quelques années.
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Sauf que voilà, tout le monde n’est pas éligible aux bonus, et tout le monde n’est pas prêt à passer à l’électrique. Pour ceux qui veulent simplement une petite essence pas chère, l’offre Renault s’est clairement appauvrie. La marque assume ce virage : elle préfère pousser ses clients vers l’électrique plutôt que de continuer à produire une thermique d’entrée de gamme dont les marges sont faibles et l’avenir réglementaire incertain.
La concurrence, elle, n’a pas attendu. Citroën a dégainé sa ë-C3, électrique elle aussi, autour de 23 300 euros mais avec une batterie de 44 kWh offrant près de 320 kilomètres d’autonomie et 113 chevaux. Face à elle, la Twingo joue la carte du prix plancher, quitte à proposer une autonomie et des performances plus modestes. Deux philosophies différentes pour viser le même portefeuille.
Pour Renault, le pari est clair : transformer la disparition de la Twingo thermique en accélérateur de son offensive électrique. Reste à voir si les acheteurs suivront. Une partie d’entre eux, attachée au moteur thermique et méfiante face aux contraintes de recharge, pourrait bien regarder ailleurs, du côté de Dacia ou des marques chinoises qui cassent les prix. La citadine populaire à l’ancienne, abordable et sans prise, appartient en tout cas désormais au passé chez Renault.
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