Renault lâche Viry-Châtillon : son usine historique de moteurs de F1 passe au belge Dumarey

Monoplace de Formule 1 Alpine A524 bleue et noire exposée

C’est une page de l’histoire du sport automobile français qui se tourne. Renault a présenté le 22 octobre à ses salariés un projet de cession d’Alpine Racing SAS, l’entité qui fait tourner le site de Viry-Châtillon, dans l’Essonne, au groupe d’ingénierie belge Dumarey.

Pour ceux qui n’ont pas suivi, Viry-Châtillon, c’est le cœur du moteur de course chez Renault depuis 1977. C’est là qu’ont été dessinés les blocs qui ont décroché des titres de champion du monde en Formule 1, de la grande époque des turbos jusqu’aux hybrides d’aujourd’hui. Un vrai joyau technique, avec un savoir-faire que très peu d’usines au monde possèdent.

Sauf que Renault a décidé en 2024 d’arrêter de fabriquer ses propres moteurs de F1 après la saison 2026. L’équipe Alpine, installée à Enstone en Angleterre, va donc rouler avec des moteurs Mercedes dès cette année. Une solution clé en main qui arrange tout le monde côté piste, mais qui laisse Viry sans mission. Le projet de reconversion en pôle d’ingénierie, baptisé Hypertech Alpine, avec le concept de supercar Alpenglow en vitrine, a lui aussi été rangé au placard.

Il reste donc un site, des machines, et surtout environ 150 personnes hautement qualifiées. C’est tout ce petit monde que Dumarey récupère. Le groupe belge, spécialisé dans l’ingénierie et les composants automobiles, veut garder l’activité moteurs de course et proposer ses services à d’autres écuries. Son président, Guido Dumarey, évoque le « potentiel considérable » des équipes et des moyens techniques du site.

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Côté emploi, l’accord prévoit le maintien des quelque 150 postes et des avantages sociaux pendant 24 mois. C’est la condition qui rassure un peu, même si deux ans, dans l’industrie, ça passe vite. Les syndicats, eux, vont surveiller la suite de près.

L’opération doit encore passer par la consultation des instances représentatives du personnel avant d’être bouclée, en principe d’ici la fin de l’année. Si tout se confirme, Alpine Racing SAS continuera sous la bannière Dumarey.

Au fond, Renault se débarrasse d’un site qu’il ne savait plus comment occuper, et un acteur extérieur récupère un patrimoine industriel que la France aurait eu du mal à voir disparaître. Pour un pays qui a longtemps brillé en F1 par ses moteurs, voir Viry passer sous pavillon belge a quand même un goût un peu particulier. Rendez-vous dans quelques semaines pour savoir si la reprise se concrétise vraiment.

Crédit photo : Calreyn88 (CC BY-SA 4.0)