Dans la métropole lyonnaise, une voiture électrique trop lourde fait grimper la note à la déchetterie

C’est le genre d’anecdote qui circule et qui amène à réfléchir. Un automobiliste de la région lyonnaise se retrouve à payer 40 euros à chaque passage à la déchetterie, non pas parce qu’il dépose des déchets en grande quantité, mais uniquement parce que son véhicule électrique dépasse le seuil de poids autorisé pour un accès gratuit.
La règle existe depuis un moment dans la Métropole de Lyon. Au-delà d’un certain gabarit, les véhicules sont soumis à un tarif de 40 euros par visite, avec un maximum de quatre passages par mois. La mesure visait initialement à décourager les professionnels et les gros utilitaires de monopoliser les déchetteries publiques. Sauf que les voitures électriques, notamment les modèles les plus imposants, entrent désormais dans cette catégorie en raison du poids de leurs batteries.
C’est là que la situation devient un peu absurde. La Métropole de Lyon est gérée par une majorité écologiste qui a fait de la transition vers les véhicules propres l’un de ses axes politiques. Encourager les habitants à passer à l’électrique d’un côté, et leur facturer le passage à la déchetterie de l’autre parce que leur voiture est trop lourde : le message envoyé est pour le moins brouillé.
Le problème de fond, c’est que les voitures électriques actuelles embarquent des batteries dont le poids peut dépasser plusieurs centaines de kilogrammes. Une grande berline ou un SUV électrique peut facilement afficher 1 900 à 2 100 kg sur la balance, là où un équivalent thermique de même gabarit tourne souvent entre 1 300 et 1 500 kg. Cette différence de masse n’est pas anodine : elle a des conséquences sur l’usure des routes, sur la sollicitation des structures, et visiblement sur le règlement intérieur des déchetteries lyonnaises.
La réglementation existante n’a pas été pensée pour les voitures électriques. Les règles sur les poids et gabarits ont été rédigées à une époque où personne n’imaginait que des particuliers rouleraient avec des berlines approchant les deux tonnes pour aller faire leurs courses ou déposer leurs vieux meubles à la déchetterie. Les effets de bord peuvent être surprenants.
On peut espérer que la Métropole de Lyon prendra le temps de revoir ce règlement pour intégrer une exception adaptée aux véhicules électriques de particuliers, ou pour ajuster les seuils de poids en cohérence avec l’évolution réelle du parc automobile. En attendant, certains propriétaires de VE vivent cette situation avec une ironie certaine : choisir un véhicule propre pour l’environnement, et payer une surtaxe pour jeter ses vieux cartons.
Ça ne remet pas en cause l’intérêt des voitures électriques. Mais ça rappelle que la transition écologique se heurte parfois à des détails pratiques que personne n’avait anticipés. Une règle conçue il y a dix ans peut produire des effets involontaires aujourd’hui, et les collectivités auront tout intérêt à les corriger rapidement si elles veulent rester cohérentes avec leurs propres ambitions environnementales.
Crédit photo : DR
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