La fin du tout-électrique en 2035 vient de prendre du plomb dans l’aile, et c’est Paris et Berlin qui tiennent le marteau

Illustration d'une voiture moderne à moitié thermique à moitié électrique sur une route européenne

La France et l’Allemagne ont scellé le 15 octobre un accord qui remet en cause le symbole le plus commenté de la transition auto : l’interdiction de vendre des voitures thermiques neuves à partir de 2035. Officiellement, l’échéance ne bouge pas. Dans les faits, elle s’assouplit sérieusement.

Le cœur du compromis tient en un chiffre. Au lieu d’imposer aux constructeurs une baisse de 100 % des émissions de CO2 des voitures neuves en 2035 par rapport à 2021, les deux capitales veulent redescendre à 90 %. Et surtout, les 10 % restants n’auraient plus à être compensés par des pénalités ou des rachats de crédits. Traduction concrète pour vous : des modèles thermiques, et surtout des hybrides rechargeables, pourraient continuer à se vendre après 2035 au lieu de disparaître d’un coup des concessions.

Le texte va plus loin que ce seul desserrage. Il prévoit d’étendre le système des supercrédits aux grosses électriques premium, histoire de rendre l’électrification des gammes haut de gamme plus rentable pour BMW, Mercedes ou Audi. Les hybrides rechargeables et les moteurs optimisés restent aussi dans le jeu pour les flottes d’entreprise, ce qui arrange Stellantis, Renault et Volkswagen, qui ont encore des usines thermiques à amortir.

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L’autre volet est plus politique. En échange de cet assouplissement, l’Allemagne accepte de mieux verrouiller les aides publiques autour de la production européenne. À partir de 2028, les subventions se concentreraient sur les véhicules fabriqués dans l’Union, au Royaume-Uni, en Norvège et en Suisse. Une façon à peine voilée de freiner les constructeurs chinois qui débarquent en masse sur le marché français à coups de SUV hybrides à moins de 25 000 euros.

Pour l’automobiliste, ça change quoi ? À court terme, pas grand-chose : les prix ne baissent pas du jour au lendemain et l’électrique reste poussé par le bonus et le leasing social. Mais le message est clair, vous aurez plus longtemps le choix entre thermique, hybride et électrique, sans couperet brutal en 2035.

Reste un détail qui a son importance : un accord franco-allemand n’est pas une loi européenne. Le texte doit encore convaincre la Commission et les autres États membres à Bruxelles, où certains pays plus verts risquent de faire la grimace. Rien n’est signé, donc, mais quand le moteur franco-allemand se met d’accord, Bruxelles a rarement le dernier mot.

Crédit photo : Illustration générée par IA